Portrait militant ! Christian Deschereux


Militant, très investi pour la cause des migrants
!
Sa devise : « Les Migrants d’où qu’ils viennent sont des êtres humains comme nous »

 

 

Est-ce que tu peux te présenter ?
Je suis Christian DESCHEREUX né le 10/12/1955 à Loudun. Retraité depuis 2013, j’ai exercé la profession de chauffeur routier international pendant 36 ans. J’ai parcouru près de 5 millions de kilomètres à travers l’Europe.

Pourquoi ton engagement au Parti socialiste ?
Mon engagement à gauche date de 1981 avec l’élection de François Mitterrand.

La gauche entre dans l’histoire de la V République, la France entre dans une ère nouvelle, une ère moderne pour la sortir enfin du conservatisme de droite. Le 10 mai 1981, c’était le bulletin de l’espérance.
Bien sûr, je n’ai pas toujours été d’accord avec ce qu’il a dit et fait mais, je me suis reconnu dans les idées, pour des valeurs de gauche et mon adhésion au Parti socialiste devenait une évidence. En 2006, j’ai franchi le pas, je me souviens, c’était à l’époque où Mr de Villepin était premier ministre et défendait le CPE. Là, je me suis dit, je fonce, je prends ma carte, il faut que ça change !

En étant toujours en déplacement je ne pouvais assister aux réunions de section, mais je pensais m’impliquer beaucoup plus une fois à la retraite. En 2014, le secrétaire de section m’a demandé si je voulais être sur sa liste aux élections municipales, ce que j’ai accepté tout de suite.

Tu es très impliqué pour la cause des migrants sur le territoire, quand et comment as-tu intégré cette association ?
Mon métier m’a permis de parcourir beaucoup de pays et découvrir la vie des gens grâce aux rencontres avec les ouvriers dans les usines, avec les autres chauffeurs routiers français ou étrangers… et souvent seul, j’observais le quotidien et la façon de vivre des habitants (comme un vacancier mais moi c’était toute l’année).

Quel fut ton déclic ?
Il se trouve que depuis 1980, je connais bien la région de Calais pour y avoir passé régulièrement en allant en Angleterre, alors en 1999, quand sous Sarkosy les migrants sont arrivés à Sangatte et qu’ils ont été considérés comme des animaux et non comme des humains, j’ai pris conscience qu’il fallait faire quelque chose, que cette situation était inacceptable. A partir de ce moment-là, je me suis beaucoup intéressé aux migrations et ma devise est «Les Migrants d’où qu’ils viennent sont des êtres humains comme nous >>

As-tu pesé le pour et le contre d’un tel engagement associatif ?
Le centre ADOMA de Loudun a ouvert fin 2015, l’association est née en septembre 2017 et j’ai adhéré tout de suite au projet. Nous transportons les demandeurs d’asile à la préfecture de Poitiers pour leurs papiers administratifs au CHU à Poitiers, Châtellerault ou Saumur pour leurs rendez-vous médicaux.

Les liens d’amitiés viennent très vite. Nous leurs proposons aussi des cours de Français pour ceux qui le désirent. Moi personnellement, après le déménagement d’une famille de Syriens à Blois depuis 2 ans, je suis toujours en contact avec eux et quand je vais les voir à Blois je suis accueilli à bras ouverts.

Nous leurs apprenons beaucoup sur notre façon de vivre mais nous recevons beaucoup d’eux en retour. L’association continuera sa mission tant que le centre sera ouvert. Ce qui peut durer encore longtemps.

Quel serait, pour toi, l’aboutissement de ce projet ?
En fait, pour moi l’Etat ne fait pas son travail correctement. Il est anormal que des familles déboutées ou des personnes seules soient mises à la rue sans rien. Ce sont des comportements inhumains dans le pays des droits de l’homme.

Une petite question un peu plus personnelle : Quelle est ta vision du monde idéal ?
Je ne sais pas s’il peut y avoir un monde idéal, mais avec plus de démocratie et beaucoup moins de dictature on ferait un grand pas. Tant que l’argent dirigera la politique on ne pourra pas avancer dans le bon sens.

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